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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 20:31

       Ce jeudi 27 Octobre 2016, nous étions une quarantaine à être venus au Centre multimédia de Lamastre pour écouter Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des Armements.

Tout a commencé par une bonne nouvelle : au concours mondial des vendeurs d’armement, la France se classe deuxième sur le podium de cette belle compétition, juste derrière les intouchables USA.

Les armes étant vendues au nom de la France, c’est-à-dire au nom de chacun de nous, nous en avons immédiatement déduit que chacun d’entre nous peut, en toute légitimité, arborer à son cou la médaille d’argent.

 Ah ! C’était chouette de nous imaginer nous baladant avec notre belle breloque en pendentif et en lançant des cocoricos à pleins poumons.

 Hélas ! Hélas ! Ce moment agréable d’autosatisfaction n’a pas tardé à tourner à la soupe à la grimace quand on a appris que les cinq Etats membres permanents de l’ONU (USA, Russie, Chine, Royaume Uni et « Nous ») sont les cinq plus importants fournisseurs de matériel d’armement. Censés œuvrer de toutes leurs forces pour la Paix, voilà que ces cinq membres éminents rivalisent d’intelligence et d’ingéniosité pour inonder le monde de leurs engins de mort. N’y aurait-il pas là comme un truc bizarre voire un machin suspect comme le suggérait jadis le Général ?

La France pour sa part, avec ses petits bras musclés (165000 emplois directement concernés), se débrouille particulièrement bien dans cette offre d’outils pour la castagne.

 

Depuis 2012, les ventes sont même en plein boum(!) : 75% d’entre elles concernent le Moyen-Orient. Et il n’est pas question d’être trop regardant sur l’utilisation qui est faite de ces joujoux militaires.

En fait c’est une sorte de jeu de colin-maillard où il s’agit de fermer les yeux pour ne pas voir quel usage est fait des armes vendues. Il semblerait qu’on soit beaucoup plus vigilant sur la qualité du produit que sur celle du client. « Si on ne vend qu’aux pays démocratiques, inutile de parler d’industrie d’armement » dixit un ministre.  

Faire entrer des devises et asseoir la place du pays dans le concert des nations semblent les deux objectifs visés en priorité lors de la signature des contrats. On écrit bien « semblent » car, en fait, tout ce business se fait sans aucun débat démocratique et sans transparence : c’est un souci majeur. Une poignée de personnes à l’Elysée, au ministère des Affaires Etrangères et au ministère de la Défense achètent et vendent pour des milliards d’euros sans aucun débat dans l’espace public.

L’Etat contrôle tout mais dans le secret. Comme l’Etat ce sont les citoyens, il ne serait que justice que ceux-ci soient au moins informés du commerce qui se fait en leur nom. Serait-ce trop exiger que de demander que soient consultés davantage l’Assemblée nationale et le Sénat où siègent nos représentants ? Notre pays des droits de l’Homme est parfois particulièrement défaillant au niveau du droit de regard du peuple sur ceux qui le dirigent :

on comprend que l’Observatoire des Armements présidé par Patrice Bouveret puisse être précieux.

 

 Impossible d’en terminer avec ce compte-rendu sans revenir sur cette histoire de breloque en argent évoquée en début d’article. Tout bien réfléchi, à l’issue de cette conférence, on peut se demander si cette médaille est un honneur ou une indignité. Personnellement je vais attendre un peu pour la porter. Mais chacun fait comme il veut, bien sûr, puisqu’on est en démocratie, paraît-il…

BM

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